L’église Saint Guénolé de BATZ sur MER

En introduction, nous allons énoncer l’histoire du lieu, son contexte, son environnement, situer les différentes étapes d’évolution de l’édifice Saint-Guénolé

Histoire de l’église et de son environnement

Origines et fondations pré-gothiques (VIe-Xe siècles)

  VIe siècle : Une église primitive, dédiée à saint Cyr et sainte Julitte*, est fondée sur le site, probablement en bois ou pierre locale, comme les églises paléochrétiennes.

 * cf informations sur Saint Cyr et Sainte Julitte

  945 : Alain Barbetorte, Duc de Bretagne, offre l’île de Bath-Wenran (ancien nom de Batz-sur-Mer, port ou bateau / terres blanches) et son église à Jean, abbé de Landévennec, en reconnaissance de son soutien dans son combat contre les Vikings et pour la libération de la Bretagne*. 

 * cf informations explicatives sur la nature exacte de l’aide apportée 

L’abbaye de Landévennec, a été fondée par saint Guénolé (mort en 532 bien que parfois énoncée en 504). 

  Xe siècle : L’église est placée sous le patronage de saint Guénolé, marquant une gestion monastique par les bénédictins de Landévennec. Les moines de Landévennec assurent la gestion spirituelle et administrative, consolidant le rôle régional de l’église. 

Construction romane (XIIIe siècle)

  XIIIe siècle : Une église romane remplace la structure primitive au même endroit selon la même orientation, les Bénédictins lui conservent la même dédicace et donc la même orientation* (Cf ; archives diocésaines série 2P/261 Batz-sur-Mer). Les piliers du côté nord du chœur (granit, chapiteaux simples, bases carrées ou rondes contournées de 4 colonnettes ??? ) de cette ancienne église romane sont encore visibles (combien ???).

 *cf explications concernant le non alignement du chœur et de la nef

Construction gothique (XVe-XVIe siècles)

  Fin XIVe-début XVe siècle : Construction de l’église actuelle en style gothique flamboyant, (a priori financée par les marais salants sous l’égide des ducs de Bretagne). Le chantier débute par le chœur et le transept, intégrant les piliers romans du côté nord du chœur vers 1400

  1428 (2 Juillet) : Consécration de l’église gothique (chœur et transept), présidée probablement par l’évêque de Nantes (Jean de Malestroit) ou un représentant, sous l’autorité de Landévennec. Les ducs de Bretagne (Jean V) soutiennent le projet. Un vitrail dans le collatéral droit commémore cet événement.

  1460-1470 : Agrandissement de la nef principale vers l’ouest et ajout des collatéraux nord et sud pour accueillir la population. Le chœur est réservé aux moines ou prieurs de Landévennec pour les offices, la nef aux fidèles laïcs. La chapelle latérale Saint-Jean-Baptiste, dans le collatéral sud (près de la porte Saint-Jean)

  Début XVIe siècle / (fin XVe ?): Ajout de l’accès latéral nord (portail en granit, arc ogival) pour faciliter l’entrée des fidèles, lié à l’usage du collatéral nord (Chapelles Saint François et du Rosaire -ou de ND du Précieux Sang-). Porche (dit) du Garnal – (Karnel, ossuaire en Breton). Il y avait un cimetière dans lequel était inclus l’ossuaire / les bancs en granite témoignent du fait que le cimetière était surélevé par rapport à la place actuelle 

  Non-alignement des nefs : La nef principale est décalée vers le sud par rapport au chœur, accentué par le collatéral nord :

  Une orientation liée au patronat distinct du chœur et de l’église : C’est l’explication la plus raisonnable. La règle d’orientation, qui fut un impératif jusqu’au Concile de Trente (fin XVIe s.): était vers le soleil levant le jour de la fête de la dédicace. Au VIe siècle, une première église était dédiée à St Cyr et à sa mère Ste Julitte. Elle était donc orientée vers le 16 juin. Au XIIIe siècle, les Bénédictins construisent une autre église au même endroit, avec la même dédicace (Cf ; archives diocésaines série 2P/261 Batz-sur-Mer). La dédicace à Saint Guénolé ne fut effective qu’avec la construction de la nouvelle église début XVe siècle. Le chœur de l’église précédente fut conservé pour une part et complété au XVe siècle, pour une raison inconnue (sans doute un problème de financement), la dédicace était le 16 juin (avec 1 semaine d’erreur, car au XIIIe siècle on était encore avec le calendrier Julien, azimut 65 -67 degrés), quant à la nouvelle construction avec la nef, elle a été orientée vers le 3 mars (Saint Guénolé, avec le bon calendrier, azimut 97 degrés) (hypothèse Stéphane BROSSEAU)

Les autres hypothèses paraissent plus anecdotiques ou secondaires :

  Symbolisme religieux : Hypothèse marginale de la tête inclinée du Christ.

  Contraintes économiques : Ressources limitées empêchant une reconstruction complète.

  Environnement immédiat :

  Le Prieuré (Clos du Prieuré) : Ce n’est pas un cloître monastique classique, mais la cour / enclos du prieuré attenant à l’église, typique d’un prieuré dépendant d’une abbaye mère (ici Landévennec). Les moines y vivaient en petite communauté, avec le prieur nommé par l’abbé de Landévennec. Le prieuré est mentionné jusqu’au XVI? siècle et reste rattaché à Landévennec jusqu’à la Révolution (même si la présence physique de moines diminue après le XVI? siècle, avec un vicaire perpétuel.

  Chapelle Notre-Dame du Mûrier : Fondée au XVe siècle, financée par des dons locaux ou Landévennec, endommagée en 1819 (toiture détruite), matériaux réutilisés pour l’église Saint-Guénolé. Restaurée au XXe siècle, évoquée dans un vitrail (« ruines du Mûrier »). Sa statue de Notre-Dame du Précieux Sang lie les deux sites. 

La chapelle, dédiée à la Vierge Marie, trouve ses origines au XVe siècle, période où la peste ravageait la Bretagne. Les habitants de Batz-sur-Mer, en particulier les paludiers (travailleurs des marais salants), firent le vœu de reconstruire un ancien sanctuaire en ruines pour implorer la protection divine contre l’épidémie. La reconstruction débuta vers 1438 et s’acheva en 1496, sous l’égide du prieur Jean de Kerguz. Elle a elle-même une orientation signifiante : la chapelle du Mûrier est dédicacée à Saint Louis, fêté le 25 août. A cette date, le soleil se lève azimut 74,5 degrés… c’est justement l’orientation de cette chapelle.

Développement et transitions religieuses (XVIIe siècle)

  Jusqu’en 1660 : Gestion par Landévennec, puis par une paroisse locale unifiée (Pouliguen-Croisic).

  1677 : Tour-clocher en granit (construction de 1658-1677) , financée par un impôt sur le vin, après destruction des clochers en bois et ardoises (incendie par la foudre 22 décembre 1655)

  1677 : Construction du Maître Autel

  1682 : Portes latérales du Maître Autel par Hupel et les stalles

  Fin XVIIe : Buffet de l’orgue 

XVIIIe siècle

  1763 : Retable en bois doré 

Époque moderne et contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

  XIXe siècle : Restaurations post-tempêtes (1819, matériaux du Mûrier). Modification de la porte Saint-Jean (collatéral sud, élargissement ou restauration) et ajout du vitrail de Jeanne d’Arc à Chinon, dévotion patriotique post-1870, liée à la canonisation de 1920. 

  à partir de 1887 : Rénovation des lambris bois du chœur et nefs

  1909 : Classée monument historique.

  1926-1928 : 2e restauration de l’orgue muet depuis 1900, puis en 1985

  XXe siècle : Statues Jean Fréour (1910-2010).

  1992 Nouveaux vitraux (Yves Dehais) au dessus des 2 portes principales 

XXIe siècle : 

sur les 2 dernières décennies, nombreux travaux d’entretien et de restauration 

À nouveau une restauration de l’orgue en 2012, puis le tableau de Pierre Jacques Cazes, l’antependium, en 2004 le tableau du Maître-Autel l’Assomption de la Vierge), sans oublier ce qui ne se remarque pas , mais n’est pas le moins couteux comme toiture et charpentes.

Plusieurs statues , œuvres du sculpteur batzien contemporain Jean Fréour (1919-2010) :

Christ de la chapelle Saint Jean 1960

Notre Dame du Précieux Sang 1980

La Sainte Famille 1994

1997 – La tapisserie du baptême du Christ ( carton de

l’artiste breton Toulhoat tissée par les ateliers Le Minor de Pont-L’abbé )

Paroisse Saint-Yves de la Côte Sauvage, centre spirituel et touristique.

Rappelons que la paroisse de Batz a longtemps été constituée des trois paroisses de la Presqu’ile

– Le Croisic , dont l’église Notre Dame de Pitié a été consacrée en 1501, a eu son indépendance religieuse en 1763 (décret de l’Evêque de Nantes du 31.10.1763, confirmé par lettres patentes du Roi en février 1764)

– Le Pouliguen, a été érigée en paroisse en 1820

à nouveau regroupées le 20.06.2004 pour former la « nouvelle » paroisse St Yves de la Côte Sauvage.