La tour
1658-1677 – construction à l’aide d’un impôt accordé à la Fabrique par le Parlement de Rennes le 8.12.1657 , le « billot », 6 deniers par pot de vin vendu au détail sur le territoire de la paroisse (la presqu’ile)*
Frappé plusieurs fois par la foudre le Dôme a été reconstruit en 1876 et réparé en 1911.
Synthèse structurée de la tour
- Base carrée (terre) : ~38 m, 3 étages, granit, contreforts puissants.
- Tourelle octogonale : ~15 m, arcs-boutants aux 4 angles, transition symbolique.
- Dôme / clocheton (ciel) : Sommet, reconstruit en 1876 et réparé en 1911 après dommages répétés par la foudre.
- Hauteur totale : ~56 m (70 m au-dessus de la mer).
- Base : ~12 m (8,40 m entre contreforts).
Ces éléments symbolisent souvent le passage de la terre au ciel, un thème courant dans l’architecture religieuse.
La salle des cloches :
- 1ère cloche installée en 1685, 2 autres en 1738 fondues en 1793
- Actuelles baptisées le 3.6.1902
- bourdon Guénolé 3200 k si bémol grave
- Anne 1198 k mi bémol (heures)
- Bernadette 819 k fa
- Marie-Louise 589 k sol
- Marguerite Marie 338 k si bémol
Le grand Portail (ouest)
Du XV° – vitrail de l’artiste nantais Yves Dehais (1924-2013) placé en 1992 dans l’œil de bœuf percé au XIX°
Le fleuron qui termine le gable au dessus du portail : Adam portant Eve sur ses épaules au sortir du paradis terrestre
(Le gâble est à l’origine la figure triangulaire formée par les arbalétriers d’une lucarne. Terme de charpenterie, le gâble est originairement la réunion, à leur sommet, de deux pièces de bois inclinées.)
(Textes originels : C.Suire enrichis)
Précisions sur la construction et le financement de la tour Saint-Guénolé
Construction : La tour-clocher actuelle en granit a été édifiée entre 1660 et 1677 (la date la plus souvent citée pour son achèvement est 1677). Elle remplace un clocher en bois détruit par la foudre en 1603 puis à nouveau en 1657. La construction s’étend donc sur une période d’environ 17 ans, avec un démarrage effectif vers 1660 après l’obtention de l’impôt.
Financement par l’impôt « billot » :
Le Parlement de Rennes a accordé à la Fabrique de la paroisse, par arrêt du 8 décembre 1657, le droit de percevoir un impôt spécial appelé « billot » : 6 deniers par pot de vin vendu au détail sur le territoire de la paroisse (c’est-à-dire sur toute la presqu’île, incluant Batz-sur-Mer et les environs). Cet impôt exceptionnel a permis de financer la construction d’un clocher en pierre durable, plus résistant aux intempéries côtières. C’est un exemple typique de financement paroissial sous l’Ancien Régime, où les autorités royales (via le Parlement de Bretagne) autorisaient des taxes locales pour des travaux d’intérêt public/religieux.
Ces détails sont bien attestés dans les sources locales et historiques sur l’église Saint-Guénolé (Wikipédia, Infobretagne, SPREV, et monographies locales).
> Qu’est-ce que la « Fabrique » ?
La Fabrique (ou Fabrique paroissiale, ou Conseil de fabrique) désigne, sous l’Ancien Régime (et jusqu’à la loi de séparation de 1905), l’administration laïque de la paroisse chargée de gérer les biens temporels de l’église.
- Composition : Elle regroupait des clercs (le curé ou recteur) et surtout des laïcs notables de la paroisse (marguilliers, souvent élus ou cooptés parmi les habitants les plus aisés). En Bretagne, les réunions se tenaient souvent sur le banc du porche de l’église.
- Rôle : Elle gérait les revenus (dons, quêtes, rentes, taxes spéciales comme le billot), l’entretien de l’église, la construction et la réparation des bâtiments, le mobilier liturgique, les cloches, etc. Elle n’avait pas de pouvoir spirituel (réservé au curé et à l’évêque), mais un rôle essentiel dans la vie matérielle de la paroisse.
- Dans ce cas : C’est la Fabrique de Batz-sur-Mer qui a demandé et obtenu l’impôt du billot auprès du Parlement de Rennes pour financer la tour. Elle agissait comme une sorte de « conseil d’administration » de l’église paroissiale.
- C’était une institution très importante dans les paroisses bretonnes, souvent source de conflits ou de négociations entre curé, notables locaux et autorités supérieures.
Précisions sur le dimensionnement, caractéristiques et interventions sur la tour Saint-Guénolé
Frappée plusieurs fois par la foudre : Le clocher primitif (en bois) a été détruit par la foudre en 1603 et à nouveau en 1657. C’est cet événement de 1657 qui a motivé la construction de la tour actuelle en pierre (à partir de 1658-1660 environ, achevée en 1677). La flèche/dôme supérieure a également subi des dommages par la foudre par la suite.
Reconstruction et réparations du dôme :
Le dôme (ou clocheton supérieur) a été reconstruit en 1876 après des dommages (probablement liés à la foudre ou à des intempéries) et réparé en 1911. Ces travaux font partie des restaurations du XIXe et du début du XXe siècle qui ont concerné l’ensemble de la tour.
Dimensions et structure :
- Hauteur totale : environ 56 m (certaines sources indiquent 57 m ou 60 m pour la tour seule). Elle culmine à environ 70 m au-dessus du niveau de la mer, ce qui en fait un amer (repère) très visible pour les marins.
- Base : environ 12 m de côté (8,40 m entre les contreforts) — cela correspond bien.
- Partie carrée (la « terre ») : Hauteur environ 38 m, sur 3 étages, en granit massif avec contreforts. C’est la base robuste, construite pour résister aux tempêtes.
- Tourelle octogonale (transition « terre vers le ciel ») : Hauteur environ 15 m, avec arcs-boutants aux 4 angles. Elle marque le passage symbolique de la base carrée (terre) à la partie supérieure (ciel), un motif fréquent dans l’architecture religieuse bretonne.
- Dôme (le « ciel ») : Coiffe la tourelle octogonale. Il s’agit d’un clocheton ou lanterne sommitale, souvent surmonté d’une croix ou d’un coq. C’est cette partie qui a été le plus souvent endommagée par la foudre et restaurée en 1876 puis en 1911.
- Autres précisions :
- Escalier : 184 marches en colimaçon pour atteindre la terrasse.
- Fonction : Outre son rôle de clocher, elle servait d’amer (repère diurne) pour la navigation maritime.
- Style : La tour, plus récente que le corps gothique de l’église (XVe-XVIe siècles), est typique de l’architecture religieuse bretonne du XVIIe siècle, avec une influence classique (Louis XIV).
