Annexe 3 : Donation par Barbetorte & évolutions topographiques de Bath-Wenran

Questionnements approfondis sur le contexte et raisons de la donation par Barbetorte, et sur les évolutions topographiques du lieu en lien avec l’historique de l’activité de production de sel

Raisons pour lesquelles Alain Barbetorte offre Bath-Wenran à l’abbé Jean de Landévennec

Alain II, dit Barbetorte, Duc de Bretagne (vers 900-952), offre l’île (ou plutôt la région) de Bath-Wenran à l’abbé Jean de l’abbaye de Landévennec vers 945-950, dans un contexte de consolidation de son pouvoir après la reconquête de la Bretagne face aux Vikings. Voici les raisons principales, déjà détaillées, mais reformulées pour clarté :

1.  Remerciement pour le soutien de l’abbé Jean :
L’abbé Jean joue un rôle déterminant dans le retour d’Alain Barbetorte en Bretagne en 936. Exilé à Montreuil-sur-Mer après la destruction de Landévennec par les Vikings en 913, Jean organise la résistance bretonne, recrute des exilés à Crozon, et envoie des émissaires auprès du roi anglais Æthelstan, parrain d’Alain, pour faciliter son retour. Alain débarque à Dol-de-Bretagne, chasse les Vikings (bataille de Trans-la-Forêt, 939), et devient duc en 938. La donation est une récompense pour ce soutien diplomatique et militaire.

2.  Renforcement de l’abbaye de Landévennec :
Landévennec, fondée par saint Guénolé, est un centre spirituel et culturel breton majeur, affaibli par les invasions vikings. En offrant Bath-Wenran, Alain restaure son influence en lui attribuant une région riche en marais salants, source de prospérité économique. Un prieuré est établi à Batz, renforçant le contrôle monastique.

3.  Restauration du duché :
Après les invasions vikings (907-937), Alain cherche à restaurer l’ordre carolingien. La donation soutient la reconstruction des institutions religieuses, piliers de la société bretonne, et intègre la région nantaise (où Alain établit sa capitale) dans le duché.

4.  Alliances politiques :
La donation, mentionnée dans la charte de Landévennec, implique des figures comme le comte Iudhael, des évêques (Hesdren de Nantes, Blendivet de Vannes, Salvator d’Aleth), et des vicecomtes. Elle consolide les alliances entre Alain et les élites bretonnes, unifiant le duché.

5.  Motivation spirituelle :
Alain, petit-fils d’Alain le Grand, a un lien personnel avec Landévennec (où il pourrait être inhumé). La donation honore saint Guénolé, légitime son pouvoir, et assure la protection spirituelle de sa lignée.

Synthèse : Alain Barbetorte offre Bath-Wenran pour remercier l’abbé Jean, restaurer Landévennec, renforcer le duché, consolider les alliances, et honorer sa lignée. En 945, Batz devient le siège d’un prieuré, intégrant la région nantaise au duché.

Statut insulaire de Batz-sur-Mer (Bath-Wenran) au moment de la donation d’Alain Barbetorte à l’abbé Jean de Landévennec en 945. 

Je vais clarifier si Batz-sur-Mer était encore une île au Xe siècle, préciser l’évolution géographique de la région, et répondre à votre question sur les raisons de la donation et la traduction de Bath-Wenran, tout en intégrant les informations sur les marais salants et leur fonctionnement. Je vais également corriger la chronologie pour éviter toute confusion.

Clarification sur le statut insulaire de Batz-sur-Mer

Évolution géographique de Batz-sur-Mer

  Avant le IXe siècle : Les sources historiques, notamment celles sur la presqu’île de Guérande (Bécédia, Infobretagne), confirment que Batz-sur-Mer était une île distincte jusqu’au IXe siècle, séparée de Guérande (sur le continent) et du Croisic (autre île) par des bras de mer, des zones marécageuses, et des traicts (cheniaux maritimes alimentés par les marées). Ces conditions sont dues à la topographie de la région, avec des îlots émergés entourés de zones inondables.

  IXe-Xe siècles : À partir du IXe siècle, un processus progressif d’ensablement (siltation) et de sédimentation, combiné à des aménagements humains (digues, canaux), commence à relier Batz-sur-Mer au continent et au Croisic, transformant l’île en une partie de la presqu’île de Guérande. Ce processus est graduel et s’étend sur plusieurs siècles. Les marais salants, structurés par les moines de Landévennec dès le IXe siècle, contribuent à stabiliser le terrain en canalisant l’eau de mer et en limitant l’érosion.

  En 945 (Xe siècle) : Au moment de la donation d’Alain Barbetorte, Batz-sur-Mer n’est plus une île à proprement parler, mais une partie d’une presqu’île en formation, reliée au continent par des zones marécageuses et des cordons sableux partiellement stabilisés. Les traicts (comme le traict du Croisic) restent actifs, permettant l’accès à l’eau de mer pour les marais salants, mais Batz n’est plus isolée comme elle l’était avant le IXe siècle. La charte de Landévennec (Charte De Baht VVenrann, no XXV) désigne encore Batz comme une « île » (Bath-Wenran), probablement par convention ou en référence à son passé insulaire récent, mais géographiquement, elle est en voie d’intégration à la presqu’île.

  Confirmation : Des études géo-historiques (Bécédia, travaux sur les marais salants) indiquent que la presqu’île de Guérande se forme pleinement entre le IXe et le XIe siècle. En 945, Batz-sur-Mer est donc dans une phase de transition : non plus une île isolée, mais une zone côtière connectée par des terres émergées, bien que toujours influencée par les marées et les marais.

En 945, Batz-sur-Mer est en voie de devenir une partie de la presqu’île de Guérande, avec des connexions terrestres partielles au continent (Guérande) et au Croisic, mais conserve des caractéristiques insulaires (traicts, marais) qui permettent le fonctionnement des marais salants.

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