Partager la publication "Annexe 4 : Les activités salinicoles et leurs évolutions Bath-Wenran"
Traduction littérale de Bath-Wenran
Bath-Wenran, toponyme breton ancien pour Batz-sur-Mer, se décompose ainsi :
• Bath : Dérivé de bad ou bat (breton ancien), signifiant « bateau » ou « port », en lien avec l’activité maritime et les marais salants.
• Wenran : Wen (ou gwen) signifie « blanc » ou « sacré » ; ran dérive de rann (« partie », « terre »). Cela peut se traduire par « terre blanche » (référence aux marais salants) ou « terre sacrée ».
Traduction littérale : « Port de la terre blanche » est la plus probable, vu le contexte maritime et salin. La charte de Landévennec (no XXV) utilise ce nom, reflétant son passé insulaire.
Origine des marais salants
• Âge du fer (avant 500 av. J.-C.) : Exploitation primitive du sel par évaporation naturelle sur roches ou dans récipients en terre cuite.
• Époque gallo-romaine (IIIe siècle apr. J.-C.) : Les Romains structurent les salines avec des lagunes pour concentrer l’eau salée (Fortunat, VIe siècle).
• Haut Moyen Âge (avant IXe siècle) : Technique solaire (bassins d’argile, marées, soleil, vent) en place. Les moines de Landévennec perfectionnent les salines dès 945, creusant des canaux (étiers) et organisant les bassins (vasières, cobier, fares, adernes, œillets).
• Moyen Âge (Xe-XVe siècles) : Expansion des marais (80 % de la surface actuelle vers 1500), financée par la prospérité du sel.
Fonctionnement des marais salants au temps de l’insularité (avant le IXe siècle) et en 945
Avant le IXe siècle, lorsque Batz-sur-Mer était une île distincte :
• Conditions naturelles :
• Lagunes et traicts : L’île était entourée de lagunes alimentées par le traict du Croisic, un chenal maritime. L’eau de mer entrait à marée haute, se concentrant dans des zones basses.
• Sol argileux : Imperméable, il retenait l’eau salée pour l’évaporation.
• Microclimat : Ensoleillement et vents favorisaient l’évaporation.
• Techniques : Évaporation dans des bassins naturels ou récipients. Les Romains introduisent des bassins rudimentaires, repris par les habitants locaux.
• Indépendance : L’île était autosuffisante, l’eau de mer provenant directement de l’Atlantique via le traict. Le sel était transporté par bateau vers Guérande ou Le Croisic.
• Séparation : Batz était isolée de Guérande (continent) et du Croisic (autre île) par des marécages et chenaux, mais les échanges maritimes étaient actifs.
En 945 (Xe siècle) :
• Statut géographique : Batz n’est plus une île isolée, mais une partie d’une presqu’île en formation, reliée par des cordons sableux et marais. Le traict du Croisic reste fonctionnel, alimentant les salines.
• Rôle des moines : Après la donation d’Alain Barbetorte, les moines de Landévennec structurent les marais salants, creusant des étiers pour canaliser l’eau de mer et optimisant les bassins pour une production accrue. Le système repose sur :
• Marées : L’eau entre via le traict à marée haute.
• Bassins : Vasières (stockage), cobier (sédimentation), fares et adernes (concentration), œillets (cristallisation).
• Soleil et vent : Évaporation naturelle, favorisée par le climat.
• Économie : Le sel, exporté par bateau depuis Batz ou Le Croisic, finance l’église Saint-Guénolé et le prieuré, renforçant la prospérité locale.
Synthèse : Les marais salants remontent à l’âge du fer (avant 500 av. J.-C.), structurés par les Romains (IIIe siècle) et perfectionnés avant le IXe siècle. En 945, Batz-sur-Mer, en voie d’intégration à la presqu’île, utilise le traict du Croisic et des bassins organisés par les moines pour produire du sel, exporté par voie maritime malgré son ancienne insularité.
